Cabinet Dentaire des Docteurs Daunis Richard et Daunis Damien
Omnipratique-Implantologie-Chirurgie buccale et Parodontologie.
Chirurgiens-Dentistes à Argelès sur Mer

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Toxicomanie et anesthésie dentaire.

La toxicomanie touche en France un nombre important d 'individus , ainsi 50% de nos patients de 26 à 34 ans ont expérimenté le cannabis , 7.6% de cette même tranche d'age ont expérimenté la cocaïne et 1.5% des 18 à 54 ans l' héroïne. Nous voyons donc qu'une tranche importante de la population qui fréquente nos cabinets dentaires sont ou ont étés sous la dépendance de drogues actives. Ces éléments entrainent des répercussions générales, buccales à prendre à compte dans nos cabinets dentaires et lors de la réalisation d'anesthésies dentaires.

Nous allons ici nous intéresser aux différentes précautions auxquelles nous serons confrontés lors de la réalisation d'anesthésies dentaires aux toxicomanes.

D'une manière générale la quantité d'anesthésique dentaire doit être augmentée, voir doublée, triplée par rapport aux patients ne consommant pas de drogues. Mais bien plus par un stress exarcerbé chez ces patients qui libèrent par le stress de l'adrénaline qui va ralentir la diffusion de notre anesthésie.

-"Les anesthésies dentaires ne posent aucun problème chez les usagers, y compris chez les cocaïnomanes", souligne le Pr Madinier.

En effet, les drogues agissent sur les synapses de neurones qui sont dans le cerveau. Au contraire, les anesthésiques dentaires agissent localement ; ils n’ont aucun contact avec les synapses du cerveau et ils agissent en bloquant l’influx nerveux au niveau des axones dans les terminaisons nerveuses des différents nerfs au niveau des mâchoires. Leurs cibles sont des pompes à ions, rien à voir avec la cible des drogues dans le cerveau.


Dans ce cas, d’où vient l’allégation selon laquelle ces médicaments n’agiraient pas ? Pour le Pr Madinier, la réponse est simple : "Les toxicomanes ont souvent une peur exacerbée des dentistes, avec des mouvements imprévisibles et un risque de blessure pour le chirurgien-dentiste. Donc on dit: "désolé, l’anesthésie ne prend pas, allez à l’hôpital faire les extractions sous anesthésie générale." Nous sommes donc un peu responsable de cette mauvaise prise en charge de ce type de patient.

Il existe  chez les utilisateurs de cannabis des affections cardiovasculaires avec arthériopathies qu'il faudra prendre en compte lors de l'anesthésie.  Et il faudra surtout avoir quelques précautions vis à vis de l'utilisation des vasoconstricteurs.

Chez les usagers de cannabis il ne faudra jamais perdre de vue qu'un joint équivaut à sept ou huit cigarettes, donc un risque parodontal augmenté et souvent une mauvaise  cicatrisation, avec parfois des points de nécroses sur le point d'anesthésie avec adrénaline.

 Chez les consommateurs d'héroïne il existe des troubles respiratoires et des pertes de connaisances qu'il ne faudra pas mettre à l'actif de l'anesthésie, il n'existe pas vraiment de précautions particulières pour les utilisateurs de cannabis et d'héroïne vis à vis de l'anesthésie si ce n'est qu'il existe  une augmentation casi systématique du nombre de carpules nécessaire pour obtenir une bonne sédation à la douleur, et pour effectuer la réalisation de nos actes les plus courants.

D'ailleurs le seuil douloureux étant trés augmenté chez les héroïnomanes, lorsqu'ils se présentent au cabinet avec une importante sensation douloureuse malgré l'élévation de ce seuil douloureux; très souvent seule l'anesthésie intracorticale est capable de donner une véritable sédation aux phénomènes douloureux  ressentis par ces patients.

Ces sujets  souvent s'automédiquent non seulement pour les états de manques, mais également pour ces sensations douloureuses très souvent paroxystiques, ce qui augmente encore plus la difficulté pour réaliser de bonnes anesthésies locales.

Par contre chez les cocaînomanes, il existe d'important troubles cardiaques qui peuvent aller jusqu'a l'arrêt cardiaque avec également parfois  de fortes tensions musculaires qui rendent difficile les anesthésies tronculaires.

Chez ces patients il existe une interaction entre la cocaïne et les vasoconstricteurs adrénalinés, la cocaïne potentialise et intensifie l'action de l'adrénaline sur l'organisme, aussi il faudra attendre entre 24 à 48 h aprés la prise de cocaïne pour utiliser une anesthésie dentaire avec de l'adrénaline.

Conclusion

  • .La consommation de cannabis, cocaïne ou d' héroïne ne contre indique aucun acte dentaire, il faudra simplement n'utiliser l'adrénaline dans l'anesthésie et sur les fils rétracteurs pour les prises d'empreintes que 24 à 48 h après la prise active d'héroïne.
  • .Il ne faudra pas négliger le risque d'infection par les virus VIH et par les virus d'hépatite A et B chez les consommateurs d’héroïne et de cocaïne du fait de l'utilisation de ces drogues par voie veineuse .
  • .Les risques infectieux restent toujours à évaluer pour toutes ces addictions .
  • .Les interactions médicamenteuses des antalgiques et des anti-inflammatoires utilisés en dentaire sont toujours à prendre en compte chez tous ces utilisateurs de drogues et même chez nos patients en sevrage sous méthadone par exemple.

Dr Daunis Richard

Article rédigé par le praticien le 08/09/2016